Le groupe bancaire Oragroup, basé à Lomé, a décidé de mettre fin à sa notation par l'agence internationale Moody's. Cette décision intervient à un moment où le groupe connaît un retour aux bénéfices. Oragroup souhaite ainsi s'émanciper des agences de notation internationales, dont les évaluations sont parfois considérées comme trop sévères envers les acteurs économiques africains.
L'éclairage de la rédaction Wari Media
La décision d'Oragroup de se détacher de la notation de Moody's reflète une tendance croissante chez les entreprises africaines à remettre en question les évaluations des agences internationales de notation. Ces agences sont souvent perçues comme ayant des critères qui ne tiennent pas suffisamment compte des spécificités des marchés émergents et des risques associés à l'investissement en Afrique. En choisissant de ne plus être noté par Moody's, Oragroup cherche probablement à éviter les conséquences potentiellement négatives d'une notation défavorable sur son accès au financement et sur la confiance des investisseurs.
Cette démarche peut également être interprétée comme un signe de maturité financière pour Oragroup, qui, après avoir renoué avec les bénéfices, souhaite peut-être explorer des voies de financement alternatives qui sont moins tributaires des notations internationales. Cela pourrait inclure des partenariats avec des investisseurs régionaux ou la mobilisation de fonds sur les marchés financiers locaux, tels que la BRVM, où les critères d'évaluation peuvent être plus adaptés aux réalités économiques ouest-africaines.
Il est important de noter que cette décision pourrait avoir des implications plus larges pour le secteur financier ouest-africain. Si d'autres entreprises suivent l'exemple d'Oragroup, cela pourrait accélérer le développement de mécanismes de notation et de financement plus régionaux, mieux à même de prendre en compte les particularités des marchés de la zone UEMOA. Cela contribuerait ainsi à renforcer l'autonomie financière de la région et à promouvoir des investissements plus adaptés aux besoins et aux opportunités locales.
📌 Source : Jeune Afrique.