En douze mois, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), place commune aux huit pays de l'UEMOA, a confirmé une dynamique haussière marquée. Au 19 juin 2026, l'indice BRVM Composite s'établit à 442,87 points, le BRVM 30 à 207,59 et le BRVM Prestige à 173,41. Derrière ces niveaux d'indices, le détail valeur par valeur raconte une année de fortes rotations sectorielles. Tour d'horizon, chiffres à l'appui — tous issus du Bulletin Officiel de la Cote, décodé en interne par Wari Media.
Le palmarès : cinq valeurs qui ont changé de dimension
Sur la période du 18 juin 2025 au 19 juin 2026, le haut de tableau est spectaculaire. Cinq titres ont plus que triplé :
- SETAO CI (STAC) : +586 %, de 510 à 3 500 FCFA.
- SAFCA CI (SAFC) : +538 %, de 690 à 4 400 FCFA.
- Erium CI (ex-Air Liquide, SIVC) : +389 %, de 540 à 2 640 FCFA.
- Unilever CI (UNLC) : +352 %, de 12 400 à 56 000 FCFA.
- NEI-CEDA CI (NEIC) : +299 %, de 595 à 2 375 FCFA.
Ces performances, hors normes pour des marchés développés, restent caractéristiques d'une place où le flottant est parfois étroit : un afflux d'ordres acheteurs peut y déplacer fortement un cours. Elles invitent autant à l'enthousiasme qu'à la vigilance sur les niveaux de valorisation atteints.
L'autre bout de la cote
La baisse est restée l'exception. La contre-performance la plus nette revient à Filtisac CI (FTSC), en repli de −62 % (de 5 695 à 2 160 FCFA), suivie de la Loterie Nationale (LNBB), à −14 %. Plusieurs valeurs réputées défensives ont, elles, fait du surplace : SOGB CI (+0,3 %) ou ONATEL BF (+0,6 %) terminent quasiment à leur niveau de départ — un rappel utile que toutes les actions cotées n'ont pas participé à la fête.
Lecture sectorielle : l'industrie en tête
Agrégée par secteur, la performance moyenne sur douze mois dessine une hiérarchie claire :
- Industrie : +188 % en moyenne (7 valeurs)
- Consommation discrétionnaire : +134 % (7 valeurs)
- Finances : +97 % (16 valeurs)
- Services publics : +97 % (2 valeurs)
- Consommation de base : +90 % (9 valeurs)
- Énergie : +51 % (4 valeurs)
- Télécommunications : +6 % (3 valeurs)
Le secteur financier mérite une mention particulière : avec 16 valeurs cotées, il constitue le cœur de la cote et porte une part déterminante de la capitalisation comme de la liquidité du marché. Sa progression moyenne de près de 100 % sur un an pèse donc lourd dans la tenue des indices.
Où s'échangent les capitaux
La liquidité reste concentrée sur quelques locomotives. Lors de la séance du 19 juin 2026, les plus gros montants échangés concernaient Sonatel (SNTS) avec près de 611 millions de FCFA, devant SAFCA CI (≈ 170 M FCFA) et la Société Générale Côte d'Ivoire (SGBC) (≈ 99 M FCFA). Ces trois noms illustrent le poids des télécoms et des financières dans les volumes quotidiens.
Ce qu'il faut retenir
Une année franchement haussière, tirée par l'industrie et la consommation, portée dans les volumes par les financières et Sonatel, mais avec des écarts considérables d'une valeur à l'autre. Pour l'épargnant, le message est double : la BRVM a offert de réelles opportunités, mais la dispersion des performances rappelle l'intérêt de la diversification et d'une analyse au cas par cas.
Données : BRVM — Bulletin Officiel de la Cote, décodées par Wari Media. À caractère informatif ; ne constituent pas un conseil en investissement.