Le fait. Le gouvernement ivoirien porte l'initiative « Diaspora for Growth 2026 », qui appelle les Ivoiriens de l'étranger à « investir autrement » pour contribuer à la transformation de l'économie. Le constat est chiffré : plus de 1,15 million d'Ivoiriens vivent dans quelque 140 pays (dont environ 144 000 en France), et leurs transferts d'argent sont passés de 99,5 milliards FCFA en 2008 à 938 milliards en 2025. Après des lancements à Abidjan (7 mai) et Paris (29 mai) et un roadshow à Milan (6 juin), l'initiative a culminé lors de son forum principal, les 26 et 27 juin à Paris.
L'éclairage de la rédaction Wari Media
Le chiffre dit l'enjeu : près de 940 milliards de FCFA de transferts par an, mais aujourd'hui essentiellement orientés vers la consommation des familles. Toute la démarche tient dans une formule assumée par le ministre Adama Dosso : passer d'une « diaspora contributive » à une « diaspora investisseuse ».
C'est là que le sujet devient financier. Canaliser ne serait-ce qu'une fraction de ces flux vers les PME, l'immobilier ou les instruments du marché régional (emprunts obligataires souverains, produits d'épargne, à terme la BRVM) offrirait à la Côte d'Ivoire une source de financement complémentaire au crédit bancaire et au budget de l'État.
Fait notable, l'initiative ne s'en tient pas à l'incantation : elle s'accompagne de dispositifs concrets — projet de fonds souverain diasporique, convention de garantie avec la SGPME pour sécuriser le financement des PME, espaces B2B/B2G reliant investisseurs et porteurs de projets dans l'agriculture, l'immobilier, le numérique ou l'énergie. La vraie question se déplace donc : non plus « y aura-t-il des outils ? », mais « seront-ils adoptés à grande échelle, avec un cadre fiscal et juridique lisible ? ». C'est à cette exécution que se mesurera l'impact réel de « Diaspora for Growth ». (Analyse Wari Media, à titre informatif — pas un conseil en investissement.)
📌 Sources : Gouvernement de Côte d'Ivoire, Diaspora for Growth, Ambassade de Côte d'Ivoire en France.